Ecrit en été 2005.
Pendant un mois cet été, je suis allé en Finlande, dans la ville de Tampere. C’était mon premier voyage à partir du Canada.
J’avais voulu aller en Europe aussi l’année précédente, mais c’était cher et mon passeport russe était expiré. Néanmoins, cette année j’ai décidé d’y aller.
J’ai obtenu un nouveau passeport. Pour ce papier, j’ai payé 240 $ au consulat russe et j’ai dû allé deux fois à Montréal. J’ai aussi payé 1150 $ pour les billets d’avion, 120 $ pour le visa de Shengen et l’assurance et 120 $ pour les voyages entre les villes et les aéroports.
Donc ce projet a coûté beaucoup, mais j’avais vraiment besoin d’un changement. J’étais fatigué du Canada et je voulais partir en Europe, même pour un mois. (Avant la demande de la citoyenneté canadienne, il est mieux de ne pas s’absenter du pays, car tout ce temps est déduit.)
Je voulais aussi rendre visite à mon amie. Je correspondais la correspondance avec une fille russe, Anya, qui vit à Tampere, et elle m’avait invité.
Sur le pont au-dessus de Tammerkoski à Tampere (Tampereen valtatie)
J’ai commencé le voyage le matin du 7 juin. D’abord, je suis venu à Montréal avec Allo-Stop. Cette compagnie met en contact des voyageurs et des automobilistes. J’essaye toujours d’utiliser Allo-Stop quand je vais à Montréal parce que c’est beaucoup moins cher que le autobus.
Ensuite, j’ai suis allé en bus jusqu’à l’aéroport Dorval. Maintenant son nom officiel est Pierre-Elliot-Trudeau, en l’honneur de feu le premier ministre canadien, mais les Québécois souverainistes appellent cet aéroport comme avant, en disant que le nom de Trudeau aurait dû être donné à Mirabel, un autre aéroport de Montréal. Celui-ci est maintenant fermé pour les passagers (sauf les charters) à cause du manque de vols. Dorval ne m’a pas plu parce que l’aéroport était tellement bondé que je ne pouvais pas m’asseoir nulle part.
J’ai voyagé avec Air France dans un gigantesque Boeing 747 à deux étages. Il a décollé à 20.45 et a volé vers Paris toute la nuit. Je ne me souviens pas si j’avais déjà voyagé en avion pendant la nuit, et cette fois c’était au dessus l’océan. Un peu effrayant! Dehors, il faisait presque complè tement noir, seule l’aube rougeoyait devant. J’avais sommeil, mais ne pouvais pas dormir assis. J’ai essayé de voir un film (il y avait un petit écran de télé devant chaque siè ge), mais les films étaient ennuyants.
À 9 heures du matin (3 heures à Montréal), l’avion a atterri à Paris, où je devais changer pour un avion de Finnair à destination d’Helsinki. De Paris je n’ai pu voir que l’immense aéroport Charles de Gaulle (aussi connu sur le nom de Paris Roissy). Il y avait une foule de gens habillés en toutes les couleurs et dégageant des parfums. C’était l’Europe et ma premiè re rencontre avec la France. Ce n’était pas possible de voir la ville parce qu’elle était à 40 minutes de voyage et mon prochain avion devait partir dans deux heures.
Puis, il y a eu un autre vol, qui a duré cinq heures. à 3 heures de l’après-midi, l’avion a atterri à Vantaa, l’aéroport d’Helsinki. J’ai téléphoné à Anya, mais devais attendre mes bagages encore deux heures, parce qu’ils avaient été envoyés avec un autre avion. Finalement, j’ai reçu mes sacs et j’ai pris un bus jusqu’à Tampere (180 km vers le nord-ouest).
Dans le bus, j’avais encore sommeil, bien que j’aie remarqué tout suite la beauté des paysages. Les forêts paraissaient différentes de celles du Canada : les arbres étaient plus hauts, moins denses et il y avait plus de pins et de bouleaux.
Pour rester éveillé et avoir un peu de pratique en suédois, je me suis mis à parler avec une fille finlandaise. Elle travaillait comme enseignante aux Pays Bas et elle revenait en Finlande pour voir ses parents. Elle s’avérait être une de rares finnois avec lesquels j’ai pu parler suédois. La plupart de gens en Finlande savent l’anglais, mais pas le suédois.
Deux heures après l’autobus est arrivé à Tampere. Je voyais les vieilles bâtisses d’usines et les cheminées, que j’avais déjà vues sur les photos sur l’Internet. Malgré son passé industriel, la ville était charmante, et les jours suivants elle m’a plu de plus en plus.
Anya m’a rencontré à la gare d’autobus. Au premier regard, nous nous sentions gênés, mais elle m’a rapidement fait monter dans sa Lada cabossée et m’a conduit chez elle.
Elle habite au sud de la ville, dans le quartier qui s’appelle Hîrmîlî. Ce quartier est proche du centre, tranquille et adjacent au lac Pyhajarvi et à de beaux parcs.
Anya vit dans un appartement de deux pièces et demie. Ella m’a installé dans le salon avec un grand divan et une télé.
Chez Anya
Anya a grandi à Vyborg, une ancienne ville que se situe en Russie près de la frontière finnoise. La ville a été saisie de la Finlande par l’Union Soviétique pendant la Deuxième guerre mondiale.
Anya est venue en Finlande il y a deux ans avec son ex-mari. Elle est très attachée à sa famille en Russie (ses parents, son frère, sa nièce, etc.) et elle va en voiture à Vyborg presque chaque fin de semaine. Ses famille et ses amis de la Russie viennent souvent la voir en Finlande aussi.
Pendant les fins de semaine à Vyborg, Anya achète de la nourriture et d’autres produits russes qui sont moins chers et elle fait le plein d’essence (qui coûte deux fois moins qu’en Finlande). Ainsi elle peut compenser le coût de ses voyages.
Depuis plus d’un an Anya étudie le finnois. Maintenant elle étudie aussi pour devenir une vendeuse. Cet été elle était en stage chez S-Market, une épicerie de haute gamme, près de sa maison. Elle dit qu’en tant que vendeuse, elle pourra travailler aussi dans autres genres de magasins ou elle pourra travailler dans un autre domaine.
Ses heures de travail sont entre 6 et midi. Elle ne reçoit pas de salaire mais une allocation de la Ministère d’Emploi. Une grande partie de son loyer est aussi payée, donc pour son appartement de deux pièces et demie, elle paye environ le même prix que moi pour ma minuscule chambre à Québec! Elle dit que quand elle commencera à travailler dans un magasin à plein temps, son salaire après le paiement du loyer sera le même que maintenant, mais elle veut travailler quand même.
Dans un parc avec Anya
Nous correspondons depuis l’automne 2004. Elle est une bonne fille et j’avais pensé qu’elle pourrait être ma petite amie. Cependant, après mon arrivée, j’ai compris que nous étions différents et qu’elle avait d’autres plans pour sa vie.